
« La non-ingérence, non-indifférence, honnêtement, ce n'est pas trop mon truc. [...] Croyez-vous que le monde, avec la crise sans précédent qu'il traverse, a besoin de division? »
— Nicolas Sarkozy
Bon. C'est réglé.
C'est la deuxième fois que Sarko se prononce sur la question nationale et c'est la deuxième fois qu'il dit que le Canada est merveilleux lorsqu'il est beau et uni. Seulement, cette fois-ci, il a été si clair en disant que le mouvement indépendantiste était replié sur lui que même les plus idiots ne pourront pas penser qu'il a peut-être prétendu autre chose.
Quitte à détonner avec le reste de la classe politique, il faudrait en fait remercier la contribution du président de la République française au débat sur la souveraineté. En effet, son intervention aura peut-être le mérite de faire prendre conscience à quelques indépendantistes que ce mouvement est rendu complètement désorganisé.
En fait, pardonnez l'écart de langage, mais il serait peut-être le temps de réaliser que les gens se crissent des souverainistes.
Certes, ils ont été des dizaines à se ruer au brancard en disant que Sarkozy avait commis une bourde, qu'il avait été irrespectueux envers le mouvement et qu'il méritait de se faire lapider. Si d'un côté, Landry a tenté de faire des appels en France, Pauline Marois, quant à elle, a demandé à Sarkozy d'arrêter d'être méchant. C'est complètement loufoque, on dirait un pendu qui se plaint à son bourreau. D'ailleurs, la réponse peu pertinente de Sarko aura prouvé l'inutilité du geste.
La vérité, c'est que si le président français s'est permis une nouvelle fois d'attaquer le mouvement souverainiste, c'est qu'il considère que celui-ci est aussi menaçant qu'une vieille chaussure trouée. En tout homme d'État qu'il est, jamais il n'aurait tenu un tel propos s'il avait estimé que le Québec avait un iota de chance de devenir indépendant dans un avenir rapproché.
Cela dit, il est vrai que Sarkozy a été irrespectueux envers les souverainistes, mais cela n'a aucune importance pour lui. En effet, ce qui compte dans le fond, c'est de démontrer sa loyauté indéfectible envers le Canada dans un contexte où des entreprises françaises tentent de soumissionner en Ontario pour la fabrication de réacteurs nucléaires. Business is business.
Alors qu'importe si cela peut faire plaisir à Paul Desmarais, il appartient aux leaders souverainistes d'assumer leur leadership dans ce genre de situation. Ainsi, la dernière fois, Pauline Marois aurait pu tenter une offensive diplomatique afin que ce genre de situation ne se répète plus, mais elle a préféré faire semblant de ne pas comprendre le français en disant que Sarko n'avait jamais dit qu'il était contre l'indépendance du Québec. Brillante stratégie! Jamais un Parizeau n'aurait agi de la sorte.
Il faudrait que le mouvement souverainiste cesse de jouer à la vierge offensée devant sa propre médiocrité. Dans le contexte où le mouvement souverainiste est sans boussole depuis un bon bout de temps, le comportement du président français n'est pas réellement une surprise.
En réalité ce que cette histoire met en relief, ce n'est pas le manque d'éthique ou de tact du président français (que l'on connaissait déjà), mais bien la morbidité dans laquelle se sont enfoncées les leaders souverainistes.
Et si cet événement savait réveiller quelques personnes, ne serait-ce pas merveilleux?